rose

Botanique

Quelques pétales de velours, un bouton bien serré ou une fleur qui déploie ses jupons… Portrait de la reine des fleurs.

Portrait

rose romantiqueLa rose est la fleur du rosier, arbuste de la famille botanique des Rosacées et du genre Rosa, qui réunit des des arbustes et arbrisseaux sarmenteux et épineux originaires des régions tempérées et subtropicales de l’hémisphère nord. Les 150 espèces du genre Rosa ont fait l’objet de nombreux croisements au fil des siècles et on ressence aujourd’hui des milliers de cultivars. Leur port est variable : arbustif, buissonnant, grimpant, rampant, sarmenteux.

Les tiges robustes des rosiers présentent des aiguillons, les fameuses épines. Le feuillage vert foncé et brillant prend la forme de folioles ovales, lancéolées ou dentées.

Les rosiers sauvages, parmi lesquels l’églantier (‘Rosa canina’ : rosier des chiens / des haies) arborent des fleurs simples à cinq pétales.

Du côté des cultivars, la rose joue souvent de ses courbes. Les pétales se chevauchent, s’enroulent autour du cœur, puis s’écartent à mesure que la fleur s’ouvre. Une rose encore en bouton dessine une silhouette compacte ; plus épanouie, elle prend du volume et laisse davantage apprécier ses plis.

En matière de couleurs de fleurs, la rose nous offre un choix extraordinaire, du blanc immaculé au rouge très foncé, en passant par une infinité de teintes vives ou pastel.

L’on rencontre des roses portant une grande fleur par tige et des roses dites branchues, dont la tige se divise pour porter plusieurs fleurs. Les premières permettent de placer de belles masses rondes dans le bouquet ; les secondes répartissent leurs fleurs à différentes hauteurs.

Voici quelques exemples parmi tant d’autres de roses à bouquet :
rose balais

  • Red Naomi : une grande rose rouge vif aux pétales d’aspect velouté. Une fleur flamboyante pour les amours qui le sont tout autant ! Regroupez quelques tiges pour former un cœur de bouquet dense, ou isolez une fleur dans un soliflore pour profiter de sa silhouette.
  • Avalanche : ses grandes fleurs blanc crème apportent une présence lumineuse dans un bouquet de mariée et bien d’autres compositions florales. Un feuillage vert sombre est parfait pour faire ressortir leur clarté.
  • Sweet Avalanche : une rose à grande fleur rose pâle, à choisir pour ses nuances tendres. Avec du lisianthus blanc et quelques œillets pêche, elle composera une palette délicatement poudrée.
  • Bombastic rose : cette rose branchue porte plusieurs fleurs rose pâle, aux nuances crème. Glissez ses ramifications entre de grandes roses pour varier les volumes, ou répartissez-les dans de petits vases, selon votre inspiration du moment.

Histoire

Il y a environ 34 millions d’années, des rosiers poussaient dans la région de Florissant, aujourd’hui au Colorado. Des feuilles fossilisées attribuées à une rose ont été conservées dans les dépôts d’un ancien lac. Elles attestent l’existence de roses sauvages bien avant les premières cultures humaines. Elles ne ressemblent pas nécessairement aux roses à nombreux pétales que nous connaissons.

Aux IVe et IIIe siècles avant notre ère, le naturaliste grec Théophraste distingue déjà des roses sauvages et cultivées. Ses observations portent sur des plantes visibles et leurs différences, sans établir la date à laquelle les hommes ont commencé à les cultiver. Il n’existe d’ailleurs pas de « première rose » découverte en un lieu et une année ; le genre s’est diversifié sur une très longue période.
rose rouge
En Chine, des sélections horticoles sont attestées bien avant l’arrivée des rosiers chinois en Europe. La rose qui sera appelée ‘Old Blush’, capable de refleurir, est connue dans les jardins chinois depuis au moins le XIe siècle, selon les historiens des roses anciennes. Cette aptitude n’est pas celle de toutes les roses sauvages : elle résulte d’une longue sélection.

En 1753, le naturaliste suédois Carl von Linné publie Species Plantarum. Il y inscrit plusieurs roses dans le système de noms qui sert encore de point de départ à la nomenclature botanique moderne. Ce classement ne crée pas les espèces : il fournit des repères pour comparer et nommer des plantes déjà observées. En 1768, Nikolaus Joseph von Jacquin décrit et illustre la rose de Chine, alors connue des Européens surtout sous ses formes cultivées. La forme sauvage ne sera retrouvée et étudiée que bien plus tard.

À la fin du XVIIIe siècle, les roses chinoises parviennent dans les jardins européens. ‘Slater’s Crimson China’ est signalée en Angleterre en 1791 ; ‘Parsons’ Pink China’ (autre nom d’‘Old Blush’) y est cultivée en 1793. Leur floraison répétée contraste avec celle de nombreuses roses européennes qui ne fleurissent qu’une fois dans l’année. Ce caractère intéresse les obtenteurs autant que les nouvelles formes et nuances.

Deux autres introductions documentées élargissent ensuite les possibilités : ‘Hume’s Blush Tea-Scented China’ est connue en Angleterre en 1809, puis ‘Parks’ Yellow Tea-Scented’ arrive en 1824. À partir des années 1830, les pépiniéristes français développent des roses thé par croisements entre lignées introduites de Chine. La floraison répétée passe progressivement dans de nouveaux groupes horticoles.

rose jaune d'orAu début du XIXe siècle, la rose trouve à Malmaison une collectionneuse passionnée : Joséphine de Beauharnais.  Du vivant de l’impératrice, des rosiers en pots et en bacs prennent place dans les massifs et le long des allées. Certaines roses du jardin fleuriste servent même à orner les appartements, les coiffures et les robes. Le goût des roses déborde ainsi largement des parterres.

Plus tard, Lyon devient un foyer important de création de roses. Jean-Baptiste Guillot fils y met au point en 1849 une méthode de greffe qui facilite la multiplication des rosiers sélectionnés. En 1867, il obtient ‘La France’, généralement considérée comme étant la première hybride de thé. Il s’agit ainsi d’un jalon de l’histoire des roses modernes. Sa place dans l’histoire est celle d’un repère horticole, mais pas celle de l’ancêtre unique de toutes les roses modernes. Les hybrides mêlent progressivement des caractères venus de plusieurs lignées.

En 1879, l’obtenteur anglais Henry Bennett présente des roses issues de croisements réalisés entre parents identifiés. Il dépose lui-même le pollen choisi sur la fleur mère, sous contrôle, au lieu d’attendre une pollinisation spontanée. Cette méthode rend les parentés plus faciles à suivre et permet de rechercher délibérément une forme, une couleur ou une floraison répétée.

En 1883, le paléobotaniste suisse Charles Léo Lesquereux décrit des feuilles fossiles de Florissant sous le nom Rosa hilliae, en hommage à Charlotte Hill, qui avait recueilli des spécimens sur place.

Vers 1884, le collecteur de plantes Augustine Henry prélève près des gorges d’Ichang, en Chine, une rose sauvage apparentée aux roses chinoises cultivées. La comparaison est décisive : ses longues tiges et ses fleurs simples diffèrent des petits rosiers remontants déjà diffusés en Europe. Les sélections de jardin avaient donc masqué l’aspect de leur parent sauvage.

Henry publie ses observations en 1902. En 1914, Alfred Rehder et Ernest Henry Wilson décrivent officiellement cette forme sauvage, dite spontanea. En 1983, le botaniste japonais Mikinori Ogisu retrouve cette rose à l’état sauvage dans le Sichuan, après des décennies sans observation par des botanistes étrangers. Ses populations naturelles redeviennent accessibles à l’étude.

Aujourd’hui, la rose est l’une des plantes les plus cultivées au monde. Dans le marché des fleurs, elle se hisse même sur la plus haute marche du podium.

Symbolique

bouquet de roses rouges

La rose dans le langage des fleurs

La rose et l’amour font volontiers bouquet commun. Dans son Language of Flowers, Kate Greenaway associe ainsi la rose à l’amour. Mais son dictionnaire réserve à la rose jaune une tout autre lecture : le déclin de l’amour et la jalousie.

Les conseils contemporains des fleuristes proposent d’autres nuances. On y retrouve sans grande surprise le rouge pour la passion, le blanc pour la pureté et la sincérité, le rose pour l’affection ou encore la douceur. La rose jaune peut aussi y exprimer l’amitié, tout en conservant des interprétations moins heureuses dans le registre amoureux.

Ces associations ne constituent pas bien sûr un alphabet que tout le monde lirait de la même façon. Pour offrir des roses jaunes à quelqu’un qui les adore, nul besoin de renoncer à leur couleur ensoleillée. Un mot personnel accompagnera bien mieux votre intention qu’un bouquet chargé de devinettes « victoriennes ».

Une fleur pour représenter un territoire

En Angleterre, la rose Tudor réunit la rose rouge de Lancastre et la rose blanche d’York. Ce motif adopté par le roi Henri VII après son mariage avec Élisabeth d’York évoque l’union des deux maisons. Il s’agit d’un dessin héraldique : inutile de chercher cette rose bicolore précise parmi les variétés du jardin.

Aux États-Unis, la proclamation du 20 novembre 1986 désigne la rose comme emblème floral national. La fleur est choisie sans imposer une couleur ni un cultivar particulier.

D’autres pays ont retenu la rose comme emblème végétal : la Bulgarie, l’Irak ou encore la Syrie (rose de Damas).

Utilisation en art floral

pink rose

Bien choisir ses roses

Choisissez des fleurs dont la tête reste bien tenue et dont les pétales ne présentent pas de zones brunies ou abîmées. Un bouton excessivement serré n’est pas une garantie de fraîcheur durable. En effet, une rose coupée trop précocement peut mal s’ouvrir, voire ne pas s’ouvrir du tout. Le bon moment pour la cueillette ou l’achat de roses, c’est lorsque le bouton floral commence à s’épanouir, ses deux premiers pétales se détachant.

D’après le botaniste Jean-Charles Beunas, les roses jaunes peuvent être cueillies/achetées prématurément, tandis que les roses blanches peuvent l’être plus tardivement.

Bien préparer les roses

  • nettoyez soigneusement le vase et préparez de l’eau propre ;
  • incorporez éventuellement dans l’eau un produit nutritif pour fleurs coupées en respectant son dosage ;
  • recoupez sous l’eau et en biseau le bas des tiges des roses, sur 3 cm, avec un outil propre et bien affûté, puis remettez-les rapidement à l’eau ;
  • retirez les feuilles qui se retrouveraient immergées dans le vase ou piquées dans la mousse ;

Évitez d’arracher systématiquement les épines. Si certaines gênent la manipulation, enlevez-les délicatement pour limiter les blessures de la tige. Ôtez la pointe des aiguillons sans abîmer l’écorce.

Avant de composer, laissez si possible les roses se réhydrater dans un endroit frais. Cette étape est particulièrement utile après un transport. Elle ne permet toutefois pas de rattraper à coup sûr des fleurs déjà abîmées.

Entretenir les roses coupées

rose saumon pêche
Vérifiez le niveau d’eau chaque jour et complétez-le si nécessaire. Renouvelez régulièrement l’eau (tous les quatre jours), les roses étant très sensibles aux bactéries. Nettoyez le vase et retirez les feuilles ou les fleurs qui se dégradent.

Lors du renouvellement de l’eau, une légère recoupe des tiges fait partie de l’entretien conseillé.

Installez le bouquet à distance du soleil direct, d’un chauffage (radiateur, climatiseur) et des corbeilles de fruits. Sa durée de vie dépendra de la variété, de son état au départ et des conditions de la pièce.

Les roses coupées ont une durée de vie très variable, selon les cultivars et les soins apportés. Comptez sur 6 à 15 jours en moyenne.

Quelques idées pour un bouquet avec des roses

Bouquet rond de roses orangeUne rose bien ouverte apporte du volume et attire le regard. Pour un bouquet rond, répartissez les grandes fleurs à des hauteurs voisines, en laissant à chacune la place de s’ouvrir. Les roses branchues permettent de répartir de petites touches fleuries entre les têtes les plus larges. Éventuellement, quelques petites fleurs placées plus haut rendent l’ensemble moins compact.

Pour un bouquet romantique, vous pourrez réunir du rose tendre, du crème et une pointe de pêche, à moins de préférer un monochrome ou un camaïeu de rose / rouge. Des lisianthus reprendront la souplesse des pétales, tandis que des œillets ajouteront une texture frisée. Quelques rameaux de feuillage suffiront à dessiner le contour.

Un style champêtre gagne à être moins régulier. Glissez des fleurs de matricaire (camomille) entre les roses, laissez dépasser quelques graminées et choisissez un contenant en grès. Ne cherchez pas à remplir chaque intervalle. Ce sont aussi les espaces entre les tiges qui donnent au bouquet son allure libre.

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