L’horloge fleurie d’Édimbourg

En visite à Édimbourg, l’option la plus pratique pour connaître l’heure est assurément de jeter un œil à son téléphone ou à sa montre. Mais l’option la plus poétique, c’est sans conteste de partir à la découverte de la magnifique horloge fleurie de la ville. Un délicieux moment hors du temps, où vous verrez malgré tout des aiguilles tourner.
horloge florale Edinbourgh 2018

Tout savoir sur Edinburgh’s floral clock

L’horloge fleurie d’Édimbourg est une remarquable mosaïculture créée il y a plus d’un siècle et renouvelée chaque année, pour le plus grand plaisir de ses contemplateurs réguliers ou éphémères.

Les couleurs et plantes retenues varient d’une version à une autre, bien qu’on retrouve souvent une dominante de vert apportée par les succulentes. Un choix qui s’explique sûrement en grande partie en raison de leur facilité d’entretien. En effet, les plantes grasses affichent une beauté constante (pas de chutes de pétales, de tiges rebelles…). Elles sont par ailleurs robustes face aux maladies et à la sécheresse – bien qu’à Édimbourg, les précipitations ne manquent pas, me direz-vous 😉

plantes grasses horloge edimbourghLe sedum, la lobélie, le pyrèthre, ou encore l’echeveria font partie des variétés ou genres de plantes les plus souvent retenus pour habiller l’horloge.

The Edinburgh’s Floral Clock se situe au sein de Princes Street Gardens, un joli parc en accès libre, au cœur de la capitale écossaise. On découvre cette sculpture fleurie à l’entrée la plus proche de The Mound, (« le monticule »), nom donné à une pente artificielle créée au XVIIIe siècle, qui relie la vieille et la nouvelle ville d’Édimbourg. Le parc urbain s’étend dans un vallon autrefois occupé par Nor Loch, un ancien marais asséché au début du XIXe siècle.

Le design de l’horloge met chaque année un nouvel événement à l’honneur. Quelques exemples en la matière : le centenaire de la naissance de l’écrivain Robert Louis Stevenson, les JO de Londres, les 350 ans de Royal Botanic Garden Edinburgh, les différents jubilés de la reine Élisabeth II… J’ai déniché sur un vieux site web une belle rétrospective : Edinburgh Floral Clock. Cette page rassemble des photos des différentes versions de l’horloge, depuis sa création et jusqu’en 2016. Dommage que l’inventaire ne soit plus maintenu à jour !

Le tour de l’horloge en quelques chiffres

L’horloge de fleurs d’Édimbourg est une imposante sculpture de 3,6 mètres de diamètre. L’aiguille des heures mesure 1,5 m tandis que celle des minutes atteint 2,4 m.

Une fois garnies de plantes, la petite aiguille et la grande pèsent respectivement 23 et 36 kg environ.

35 0000 à 50 000 plantes entrent dans la composition de la plus célèbre horloge fleurie d’Écosse. Un nombre nettement plus élevé que dans les années 1930 (13 000 plantes à l’époque) et que dans les années 1950, durant lesquelles on en utilisait tout de même 25 000 !

L’histoire de l’horloge en quelques dates

floral clock Edinburgh 2016

1902 : D’après EdinburhGuide.com, c’est un tapis de fleurs exposé dans le jardin de West Princes Street (pour commémorer le couronnement d’Édouard VII) qui inspira la création de Floral Clock.

1903 :  L’année suivante, le jardinier John McHattie, alors directeur des parcs de la Ville, crée la première version de la mosaïculture avec l’appui technique des horlogers d’Édimbourg James Ritchie and Son. Il s’agit vraisemblablement de la première horloge fleurie au monde. Une véritable horloge dont le mécanisme est installé un peu plus loin (jusqu’en 1936) dans le socle de Allan Ramsey Monument, une statue représentant le célèbre poète écossais.

1904 : Au printemps, la sculpture est présentée pour la première fois au public. Initialement dotée uniquement d’une aiguille des fleurs, l’horloge fleurie est enrichie d’une aiguille des minutes. Le principe de l’horloge de fleurs est rapidement repris dans de nombreux parcs du Royaume-Uni, de même qu’à l’étranger.

1953 : un coucou grandeur nature et son nichoir sont installés en bordure de la mosaïculture. Comme le veut la tradition, le petit oiseau annonce l’heure en sortant de sa maisonnette.

1973 : l’horloge florale possède désormais un mécanisme électrique.

Ma découverte de l’horloge fleurie d’Édimbourg

En préparant mon (tant attendu) voyage en Écosse au printemps 2023, j’ai découvert l’existence de « the Floral Clock of Edinburgh », via mon guide touristique. Je n’avais encore jamais vu de mosaïculture de ce genre et je me faisais donc une joie d’aller visiter le parc Princes Street Gardens lors de mon étape dans la capitale écossaise.

Le 15 mai, c’est sous un magnifique ciel bleu que nous partons à la découverte du célèbre jardin public. Cependant, en passant devant la sculpture, je manque de la rater. C’est mon mari qui attire mon attention pour me signaler sa présence. Je ne m’attendais pas à ce que l’horloge végétale se situe juste à l’entrée du parc, en bordure d’un escalier, et surtout, à ce qu’elle soit en pleine élaboration. Ma première réaction fut la déception : mince alors, l’horloge est un chantier, j’aurais tant aimé la voir finalisée ! Après quoi, j’ai considéré que c’était plutôt une chouette expérience de me retrouver aux premières loges de ce chantier pas banal. C’est intéressant de découvrir la façon dont le jardinier procède pour disposer les plantes. Cela requiert quelques talents d’acrobate ! Installé sur son échelle qui surplombe la sculpture, le paysagiste ajuste finement sa position et ne risque pas de piétiner son travail.

floral clock edinburgh gardener
Edinburgh clock flower gardener
construction horloge fleurie Edimbourgh

À mon sens, l’horloge végétale d’Édimbourg est une des plus belles du genre. Certes, c’est la seule que j’ai eu l’occasion d’admirer « en vrai » à ce jour, mais j’en ai vu beaucoup en photo pour vous préparer mon autre article sur le sujet :

Les horloges fleuries remarquables

aiguilles peu visibles horloge edimbourgh

Mon avis sur cette mosaïculture

Ce que je trouve particulièrement spectaculaire dans l’horloge d’Édimbourg, c’est la densité de végétaux. Les plantes sont installées très proches les unes des autres et un impressionnant lit de fleurs prolonge le cadran. Cet effet « foisonnant » est amplifié par le fait que les deux aiguilles sont elles-mêmes recouvertes de végétaux ; un parti pris artistique que je n’ai pas retrouvé dans d’autres sculptures. Le choix des chiffres romains me semble judicieux. Tout est tiré au cordeau et l’ensemble est en même temps très romantique, comme savent si bien le faire les Britanniques. Un petit regret malgré tout – même si vous penserez sûrement que je tatillonne ! – : les aiguilles (et éventuellement les chiffres, mais surtout les aiguilles) mériteraient je trouve de mieux ressortir. Le contraste de hauteur n’est pas vraiment suffisant, à mon sens. Sur certaines versions de la mosaïculture d’Édinbourg, on distinguerait mieux les aiguilles en étant moins dans le ton sur ton.

The Floral Clock s’observe le long d’un escalier. L’avantage, c’est qu’on peut facilement l’admirer et la photographier à différentes hauteurs. En revanche, cette situation ne permet pas vraiment de prendre beaucoup de recul sur la composition, ni de s’asseoir sur un blanc pour avoir tout le loisir de la contempler longuement. Heureusement, l’escalier est large. Cela limite le risque de gêner ou d’être gêné·e par les personnes qui empruntent simplement l’escalier pour entrer ou sortir du parc, sans s’arrêter devant l’arrangement floral. Côté arrière-plan visuel et sonore, j’aurais préféré que l’horloge soit davantage éloignée de la circulation et des bâtiments. J’imagine que l’emplacement retenu est néanmoins le plus approprié, le parterre en pente permettant de bien admirer la sculpture.

En 2023, la mosaïculture met à l’honneur Flying Scotsman, le célèbre train express reliant Édimbourg et Londres. L’équipe de trois jardiniers a réalisé cette prodigieuse installation en quatre semaines, selon un article du site web de The City of Edinburgh Council. 20 plantes différentes entrent dans l’arrangement, parmi lesquelles des bégonias, des géraniums, des saxifrages ou encore des crassulas.

Si vous êtes de passage à Édimbourg, ne manquez pas de flâner dans Princes Street Gardens. Et si les douze coups de midi approchent, hâtez le pas en direction de l’escalier… C’est le meilleur moment de la journée pour profiter du chant du coucou de la superbe horloge fleurie !

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