Pratiquer l’art floral en toute sécurité

dangers de l'art floralL’art floral n’est pas un loisir particulièrement périlleux. Soit ! Néanmoins, il vous expose tout de même à divers dangers. Cet article de prévention rassemble divers conseils sur la base de mon expérience, pour pratiquer l’art floral en toute sécurité, ou tout du moins, pour minimiser les risques.

Quelques règles d’hygiène

lavage des mains à l'aide d'une brosseSe laver les mains soigneusement après chaque atelier d’art floral relève pour moi du bon sens. Cependant, ce rappel ne me semble pas superflu. En effet, il m’est arrivé plusieurs fois de participer à un repas partagé à l’issue d’une séance en groupe. Ce fut pour moi assez surprenant (pour ne pas dire effarant !) de constater que j’étais systématiquement une des rares participantes à me laver les mains avant de toucher à la nourriture. Après avoir manipulé longuement des végétaux, la saleté de nos doigts et de nos ongles est souvent visible à l’œil nu. À mon sens, ce devrait déjà être une raison suffisante pour passer par la case lavabo en fin d’atelier, qu’importe qu’on ait ou non prévu de se mettre à table juste après ! Mais au-delà des salissures apparentes, il me semble vraiment peu prudent de prendre le risque d’ingérer ou de disséminer un peu partout des micro-organismes et autres substances peu recommandables. On sait hélas que beaucoup de végétaux utilisés en fleuristerie reçoivent des traitements chimiques, parmi lesquels de potentiels perturbateurs endocriniens. Dans la terre d’un bloc de mousse naturelle, par exemple, la présence de bactéries pathogènes n’est pas à exclure. N’oublions pas non plus que de nombreuses plantes sont toxiques par ingestion. Pour toutes ces raisons, il me semble important de se soigner méticuleusement les mains après chaque atelier floral. N’hésitez pas à utiliser une brosse pour déloger des saletés coincées sous vos ongles ou leur pourtour. Le frottement des poils vous aidera aussi à vous débarrasser plus facilement des éventuelles traces vertes incrustées dans vos doigts.

De temps en temps, nettoyez soigneusement avec une solution désinfectante votre matériel d’art floral. Vos outils, votre support de travail (bâche, toile cirée…), etc. Les vases et autres contenants doivent quant à eux être lavés après chaque utilisation. Si vous nettoyez vos contenants à la main, je vous recommande vivement de dédier une éponge à cet usage. Restées longuement au contact d’une eau à température ambiante, les parois du contenant présentent de nombreux micro-organismes, certains pouvant être pathogènes. Qui plus est, certaines plantes peuvent avoir libéré des substances toxiques. Mieux vaut ne pas prendre le risque d’en déposer, ne serait-ce qu’une quantité infime, sur votre vaisselle. De même, en frottant les parois de vos vases et autres contenants d’art floral, vous pouvez dégager des particules de mousse synthétique, de pâte adhésive ou autre substance non comestible. Ces résidus sont susceptibles de rester coincés dans les mailles de l’éponge et se déposer plus tard sur d’autres récipients. Qui plus est, j’émets l’hypothèse que l’eau d’un vase peut contenir des traces de pesticides lorsque les fleurs y ont été exposées durant leur culture et/ou après récolte. En somme, utiliser la même éponge pour la vaisselle de tous les jours et pour son matériel d’art floral me semble très peu hygiénique, voire dangereux.

Prendre soin de son matériel d’art floral

Attention aux irritations

Vous avez un terrain allergique ? Notez que certaines plantes sont plus susceptibles que d’autres de déclencher une réaction allergique. Parmi les fleurs à bouquet avec un fort potentiel allergisant, on compte notamment la tulipe (mais seuls ses feuilles et son bulbe sont concernés), le lys et le chrysanthème. Ces plantes peuvent être à l’origine d’une dermatite de contact allergique. C’est le cas aussi du narcisse, de l’orchidée, du dahlia, etc. Retenez aussi que certaines plantes (à l’instar de la renoncule) occasionnent chez certain·e·s des dermatites irritatives chimiques, en raison des agents qu’elles renferment. Démangeaisons, rougeurs, eczéma, boursouflures, œdème, hyperpigmentation, desquamation : les réactions cutanées sont très variées, et plus ou moins sévères. S’il vous semble utile d’approfondir le sujet, je vous renvoie à la lecture d’un article scientifique de la Revue Médicale Suisse : Réactions cutanées allergiques et toxiques aux plantes. Je trouve ce document très détaillé (avec des tableaux de synthèse) et accessible au grand public.

allergies aux fleursPrudence également vis-à-vis de vos éventuelles allergies respiratoires. On pense spontanément aux graminées. En cas d’allergie au pollen, gare aussi au mimosa ou au tournesol. De même, la méfiance est de mise avec le thuya. Hautement allergisant, cet arbuste peut causer des rhinites ou des conjonctivites.

Lors d’un atelier d’art floral, il se peut que vous soyez occasionnellement confronté·e à d’autres substances irritantes que celles des plantes. Méfiez-vous par exemple des bombes lustrantes et autres sprays si vous êtes asthmatique. À la marge, d’autres fournitures d’art floral peuvent également entraîner des réactions allergiques. Je me souviens ainsi qu’il y a quelques années, une personne de mon cours d’art floral avait mal réagi au contact d’un support. Il s’agissait d’une dalle en bois (genre caillebotis de terrasse). Une substance irritante (lasure ou autre traitement du bois, peut-être ?) lui avait provoqué de l’urticaire.

Si vous connaissez les allergènes auxquels vous êtes particulièrement sensible, n’hésitez pas à les signaler en début d’année à votre animateur/rice. Et restez vous-mêmes vigilant·ee en atelier. En cas de doute, je suppose que le port préventif de gants peut être une bonne pratique.

Vigilance avec les outils à lame

L’art floral implique l’utilisation de nombreux outils coupants. Parmi eux : couteau, sécateur, pince coupe-tout, ciseaux, scie à mousse, serpette… L’accident est vite arrivé. Pour ne pas prendre de risques inutiles, il convient de ranger avec beaucoup de précautions tous vos outils coupants. Ne prenez jamais le risque de vous blesser en plongeant une main dans votre sac ou mallette d’art floral. Votre paire de ciseaux et votre cutter seront à leur place dans une trousse fermée. Pour votre sécateur et plus encore pour vos couteaux, un étui épais est indispensable. Il peut s’agir d’un fourreau en cuir, par exemple, ou d’une pochette en polyester renforcé. Des enfants dans votre maison, au quotidien ou occasionnellement ? Entre deux ateliers, n’oubliez pas dans ce cas de ranger en hauteur tous vos outils coupants.

couteau sans étui = danger
Mon couteau, ainsi que l’étui et le sac qu’il a traversés.

Sans housse de protection, les outils tranchants se révèlent dangereux aussi lors de leur transport. À ce propos, j’aimerais vous partager l’une de mes mésaventures récentes. Pendant plusieurs années, j’ai stocké mon grand couteau coupe-mousse dans son emballage originel. Il s’agit d’un simple carton rehaussé de plastique collé. Je pouvais aisément faire coulisser le couteau pour le sortir ou le ranger. Il était relativement bien maintenu. Néanmoins, avec le temps, le plastique s’est bien entendu fragilisé et a fini par céder. Je ne m’en suis pas suffisamment méfiée jusqu’au jour où, en me rendant à mon atelier d’art floral mensuel, j’ai « frôlé l’accident ». Je marchais, la fleur au fusil, mon sac de fournitures en main… Soudain, j’ai senti que quelque chose piquait ma jambe. Comme c’était désagréable mais pas douloureux, je n’y ai pas prêté plus attention que ça. En arrivant dans la salle, je me suis alors rendu compte que le bout de la lame de mon grand couteau à mousse avait traversé non seulement mon étui de fortune, mais aussi mon sac d’art floral. Sans l’épaisseur de mon jean, ou simplement avec un mouvement plus appuyé, j’aurais pu me faire une belle coupure. Pire encore, j’aurais pu blesser quelqu’un d’autre en m’en approchant (heureusement, le Covid étant passé par là, plus d’échanges de bises dans mon atelier !). Bref, j’ai eu beaucoup de chance ce jour-là, mais je me dois de retenir la leçon et la partager ! L’achat d’un étui pour vos couteaux ou autres objets coupants n’est pas un luxe. C’est une fourniture indispensable.

Une pratique ergonomique

Si vous pratiquez l’art floral de manière occasionnelle, chez vous ou au sein d’un atelier, le développement de TMS associé à des gestes répétés n’est pas un motif de préoccupation. Assurez-vous malgré tout d’utiliser des outils en bon état pour vous éviter une fatigue inutile. On manipule avec beaucoup plus d’effort un couteau mal aiguisé ou un sécateur qui se coince sans arrêt.

tremper mousse floraleSi vous êtes sujet·te au mal de dos, prenez garde à ne pas rester courbé·e au-dessus de votre composition durant tout l’atelier. On conseille de pratiquer l’art floral debout. Cela permet entre autres d’être plus libre de ses mouvements et de prendre plus facilement du recul pour observer sa création. Cependant, si vous êtes grand·e et que le plan de travail est bas, il peut s’avérer plus judicieux d’effectuer certains gestes en position assise. Toujours dans l’optique de ménager votre dos, prenez soin de ne pas transporter inutilement des récipients remplis d’eau. Renverser un récipient très lourd pour le vider de son eau peut suffire à réveiller une lombalgie. Pour faire tremper un ou plusieurs blocs de mousse, l’idéal est de disposer d’un évier dont vous pouvez fermer la bonde. En l’absence d’évier à proximité, optez pour le contenant le plus adapté. Un récipient très léger, suffisamment large, mais pas plus profond que nécessaire, sera adéquat.

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