
Privilégier les circuits courts

Si vous procédez vous-même à la coupe de vos végétaux, donc, il convient de le faire au meilleur moment. On déconseille fortement de se mettre à la cueillette aux heures les plus chaudes de la journée, notamment en période estivale. Cueillie lorsqu’elle souffre du manque d’eau, une fleur risque de dépérir prématurément. Or, dans une démarche écologique, il est sensé de chercher à profiter le plus longtemps possible des végétaux qu’on a retirés à la nature. Dans cette même logique « antigaspi », on se retient de cueillir les fleurs des champs, qui ne tiendraient guère plus de quelques heures en vase !
L’idéal est de couper les tiges « à la fraîche », le soir ou mieux encore en début de matinée. Cela vaut aussi pour les plantes d’intérieur exotiques cultivées pour leurs fleurs ou leur feuillage décoratif. De bon matin, les plantes ont reconstitué leurs forces et notamment leur hydratation.
Choisir soigneusement ses végétaux

Pour se libérer tout simplement de la contrainte de la saisonnalité, il est judicieux de recourir aux plantes séchées. Les bouquets secs et les accessoires décoratifs en fleurs séchées (bijoux, suspensions…) font de plus en plus d’adeptes. Des compositions beaucoup plus durables et qui ne nécessitent pas d’eau sont nécessairement plus écologiques. Sans dire de renoncer aux fleurs fraîches (ce serait d’une tristesse infinie, à mon sens !) il est salutaire de varier les plaisirs créatifs en s’intéressant aussi au travail des fleurs séchées.
Un autre point important concernant le choix des végétaux : ne pas cueillir n’importe où ni n’importe quoi. Envie de renouer avec notre lointain passé de chasseur-cueilleur ? Il est tentant de partir dans la nature, muni·e de son panier et d’un sécateur. La démarche semble à première vue assez écoresponsable, mais gare aux mauvaises pratiques. En forêt, ramasser quelques pommes de pin au pied d’un arbre ne devrait pas poser problème (laissez-en quand même pour les écureuils !). Glaner çà et là quelques feuilles de lierre ou brindilles, sans excès, cela s’entend aussi. En revanche, nombre d’éléments naturels ne sont pas récupérables. Ainsi, le prélèvement du bois mort peut être interdit, car il abrite souvent des espèces animales et végétales. La vigilance est de mise aussi avec la mousse naturelle. Véritable atout de la biodiversité forestière, sa récolte est très encadrée. Quid du houx, du gui et du fragon, très prisés pour les compositions hivernales ? Sur son site web, l’Office National des Forêts indique que « Dans les forêts publiques, l’ONF tolère un ramassage à « caractère familial ». Celui-ci ne doit pas dépasser l’équivalent d’une poignée par personne. »
[source – article du 06/12/2022]. S’agissant des fleurs, que ce soit en forêt, dans un champ ou en bordure de route, abstenons-nous de les cueillir. Nombre d’entre elles sont protégées. Quant aux autres, je considère personnellement qu’elles devraient rester un bien commun… N’en privons pas les autres promeneurs ni les insectes.
Économiser l’eau en rationalisant son usage
Lorsqu’on travaille les fleurs fraîches, l’eau est incontournable. Mais à une époque où il est essentiel de consommer cette précieuse ressource avec parcimonie, des gestes d’économie s’imposent. L’étape de la composition du bouquet est souvent très gourmande en eau. Lors d’un atelier d’art floral, faisons la traque au gaspillage. Un bloc de mousse à faire tremper ? Dans ce cas, on peut récupérer l’eau du récipient dans lequel trempent les fleurs en attente de piquage. Exit l’éviter rempli d’eau, comme je l’ai souvent vu. L’idéal : une petite bassine contenant juste suffisamment d’eau pour que le bloc de mousse se gorge uniformément.

Un bon moyen d’économiser l’eau consiste à renouveler moins souvent l’eau du vase. Bien sûr, cela ne doit pas se faire au détriment de la durée de vie du bouquet. L’idée n’est donc pas de conserver une eau trouble, voire complètement croupie, mais bien de freiner la prolifération des bactéries ! Pour ce faire, il existe quelques bonnes pratiques simples :
- ajouter un conservateur dans l’eau du vase : il va sans dire qu’il faut opter pour une solution naturelle, comme une pincée de bicarbonate de soude ou un morceau de charbon de bois ;
- débarrasser les tiges de toutes les feuilles qui pourraient se trouver partiellement ou totalement immergées, car elles dégradent l’eau plus rapidement ;
- ne pas placer le vase à proximité d’une vitre qui l’exposerait aux rayons du soleil ;
- la nuit, stocker le bouquet dans la pièce la plus fraîche de votre intérieur, voire dehors (si le risque de gelée est écarté).
Gérer correctement les différents déchets

L’art floral « zéro déchet » relève du vœu pieux. Dès lors qu’on utilise des fleurs fraîches, on produit nécessairement des déchets. Cependant, si on arrivait tous progressivement à se limiter à des déchets verts compostables – et compostés –, ce serait un grand pas en avant pour une pratique de l’art floral écoresponsable.
Le pain de mousse florale vert ou gris est un précieux allié pour la création de compositions florales piquées, mais c’est une plaie pour la planète bleue. Ces blocs synthétiques sont dérivés du pétrole et peuvent contenir des substances chimiques dangereuses pour l’environnement, de même que notre santé. Non biodégradables et non recyclables, ils se désintègreraient une fois secs en microplastiques polluants les eaux et inhalables, d’après ce qu’avance une ferme florale québécoise dans un billet de son blog : « Nos alternatives à la mousse florale ». Je regrette que l’article ne mentionne pas ses sources (je peine moi-même à trouver des infos précises sur la composition des pains de mousse), mais je vous recommande quand même sa lecture. L’article explore quelques pistes en vue de se passer de la mousse synthétique. Le bloc de mousse naturelle semble encore difficile à se procurer, a fortiori lorsqu’on est un particulier. Gageons cependant que cela évoluera rapidement. En attendant, on peut essayer de privilégier les supports réutilisables, à l’instar du « flower frog » ou du grillage à poule.
Une composition florale intègre parfois d’autres éléments non réutilisables que les végétaux et la mousse florale. Il convient dans ce cas de trier soigneusement chaque type de déchet : composter ce qui peut l’être, recycler tout ce qui est recyclable, éliminer proprement le reste…
Ne pas faire l’impasse sur la récup’

Essayons aussi d’adopter le réflexe de la seconde main. Des vases et autres récipients d’occasion sont à dénicher dans les brocantes, vide-greniers, ressourceries… La même démarche de recyclage s’impose lorsqu’on souhaite se séparer d’un contenant. Si l’objet est en bon état, pas question de le mettre à la poubelle. On s’abstient également de l’éliminer à la déchetterie avec les encombrants. Mettons-le simplement de côté avec d’autres affaires à donner. En temps voulu, on le porte à une association pratiquant le recyclage solidaire.
Avant d’acheter, que ce soit du neuf ou de l’occasion, prenons également l’habitude de fouiller nos étagères. Elles abritent souvent le contenant idoine pour notre création florale. Avez-vous jeté un œil au fond de votre vaisselier ? Il renferme peut-être un plateau à tarte un peu vintage que vous n’utilisez plus ? Parmi les vieux pots qui prennent la poussière dans votre abri de jardin, certains ne pourraient-ils pas retrouver une utilité en décorant votre intérieur ? De même, n’hésitez pas à détourner les contenants de leur usage premier et à penser au système D. Avant de la porter au conteneur à verre, donnez par exemple une seconde vie à une bouteille de vin blanc. Son col étroit se prête à la création d’un soliflore. Un ancien flacon de sirop ambré ou une bouteille d’huile d’olive peuvent également se voir offrir le même destin.
Autre conseil : réutiliser tous les petits accessoires qui peuvent l’être. On vous offre un bouquet ? Conservez le bolduc ou le raphia qui l’entoure. Idem pour le papier kraft ou cellophane. En outre, même si ce n’est pas très ragoûtant de plonger les doigts au sein d’une composition florale qui a commencé à moisir, pas question de jeter tout en bloc avec les ordures ménagères ! Prenez le temps de retirer les épingles à tête ronde et agrafes ondulée. Idem pour les autres accessoires en métal ou en plastique. Tout ce qui est en bon état mérite d’être nettoyé et séché en vue d’être réutilisé.
Et vous, quelles sont vos idées, astuces ou engagements pour une pratique de l’art floral plus écologique ? N’hésitez pas à les partager dans un commentaire.





